L'Ecole napolitaine, des castrats aux airs sacrés

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Concert "Porpora & Pergolese, Le Jardin Musical (Venon, 13 octobre 2018)
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L’école Napolitaine domine l’histoire de l’opéra à partir de 1650 avec une succession de compositeurs marquants. Tout d’abord Alessandro Scarlatti, père de l’Ouverture à l’Italienne (agencement en 3 mouvements : vif/lent/vif) qui donnera naissance à la Sinfonia Instrumentale. Viennent ensuite Da Vinci, Leonardo Leo, Durante, Porpora et Pergolèse, pour ne citer que les plus importants. La vague suivante portera Jommelli, Paisiello et Cimarosa. Même la fameuse sixte se nommera «  sixte napolitaine »… ! Beaucoup de théâtres se construisent, Métastase devient le librettiste à la mode, l’école des castrats s’installe et avec eux, l’avènement de « l’opéra Napolitain » ou «  Métastasien ». En 1739, le président De Brosses qualifie Naples de « capitale du monde musical », après Paris et Londres.

Nicolo Antonio Porpora (1686-1768), dirige son école de chant et  se forge une solide réputation européenne en formant la vocalité de grands castrats : Farinelli, Cafarelli, Mingotti et Porporino  (en réalité Antonio Uberti, qui change son nom pour porter la grandeur de son professeur !).
Porpora compose une cinquantaine d’opéras ainsi que 130 Cantates. Charmeur et mondain, il domine la scène lyrique. Il enseigne beaucoup et devient le maître d’écriture de Joseph Haydn et Johann Adolph Hasse. Sa science exceptionnelle du Bel Canto et des affettis demandent un engagement inventif et quasi de l’insolence vocale de la part des interprètes. Roulades, trilles, sauts d’octaves dans les Airs de bravoure, émotion profonde dans les phrases interminables des Airs mélancoliques. Son opéra Orlando d’après un livret de Métastase (son premier) reste un chef d’œuvre du style napolitain.
En 1733, il est nommé compositeur attitré de la compagnie Opera of the Nobility, rivale de la Royale Academy of Music de Haendel, son exact contemporain (1685 -1759). Porpora restera à Londres jusqu’en 1736, où les deux compagnies ennemies périclitent de la même façon. Mais les anglais lui préféreront, en définitive, la musique du maître saxon.

Giovanni Baptista Pergolèse (1710- 1736), grand violoniste à la santé fragile, étudie la composition avec Leonardo Vinci et Francesco Durante. Il devient Maître de Chapelle à Naples et compose plusieurs opéras ,dont un Intermezzo en deux actes très célèbre : La Serva Padrona. Atteint de tuberculose,  il meurt à 26 ans au Monastère de Pozzuoli. Sa renommée s’étend rapidement, après sa mort, avec les exécutions de son Salve Regina en ut mineur et son Stabat Mater inscrit dans ce programme.
C’est dans l’affect pur que Pergolèse produit ses effets. Sa variété expressive parait sans limites dans ce Stabat. L'écriture pour l’orchestre est fouillée, colorée, pleine de verve rythmique et  porte les solistes,  dont les deux timbres se mêlent dans une élégante et fervente folie.


 


> texte de Christine Antoine

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