Danses Symphoniques

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Concert d'ouverture 24ème édition (Place Saint-André, 6 octobre 2018) - dir. Christine Antoine
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• Chaconne et Danse du Grand Calumet de la paix - extraits des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau (1683-1764).


Créé en 1735, ce premier opéra-ballet de Rameau, composé sur un livret de Louis Fuzelier, est  prétexte à un grand spectacle de divertissement. La recherche de l’exotisme est très en vogue au 18ème siècle où l’on raffole des « Turqueries » ou « Perseries ».  L’oeuvre comporte un Prologue et quatre entrées (actes). Les deux danses de ce concert sont à la fin du livret.

L’impériale Chaconne est impressionnante d’oppositions franches entre rythmique et pastoralité, dans une orchestration dense, ici adaptée à la nomenclature générale.

Elle introduit la Danse du Calumet de la paix, particulièrement marquée rythmiquement, obstinément, et devenue très populaire. L’argument raconte le triomphe d’Adario, chef des armées sauvages, sur ses deux rivaux : Damon, français volage et inconstant, et Don Alvar, espagnol jaloux et ténébreux. Adario scelle son union avec la belle indienne Zima. Sa victoire symbolise un humanisme ambigu : la réconciliation entre les Sauvages et les Européens selon un schéma conforme à la civilisation des Lumières. Cette œuvre phare a marqué l’histoire de l’opéra.

• Danse Macabre de Camille Saint Saëns (1835-1921)

Composée en 1874 sur un poème d’Henri Cazalis, cette Danse Macabre s’amuse de la vanité des distinctions sociales face à la mort.

Chaque instrument est acteur d’une joyeuse morbidité et s’inscrit dans une orchestration qui s’intensifie. La harpe sonne les douze coups de minuit, et la Mort accorde son violon pour réveiller les défunts et les faire danser hors de leurs tombes. Le violon est «désaccordé» sur le triton diabolus in musica (la / miB) ; les violoncelles frappent de leur talon frénétique et forcené en pizzicati ; le xylophone simule le cliquetis des os des morts. Les éléments de dissonance font sentir l’ironie railleuse du Dies Irae joué sur un rythme de valse.

La danse s’anime jusqu’au chant du coq joué par le hautbois, et le Sabbat démoniaque se dissout au lever du jour.

• Danses symphoniques sur West Side Story de Léonard Bernstein (1918-1990)

Ces Danses Symphoniques sont la version de concert, sans chanteurs, de la célèbre comédie musicale West Side Story, créée en 1957 à Broadway.

Avec la complicité de Stephen Sondheim, Léonard Bernstein transpose l’histoire de Roméo et Juliette dans le New York des années 50, dans une guerre des gangs entre les Jets (issus de la classe blanche) et les Sharks  (immigrés portoricains). Cette musique classique et populaire, sommet de la comédie musicale, sera portée par les acteurs Nathalie Wood, Rita Moreno et Richard Beymer. Elle connaîtra un immense succès après son adaptation au cinéma et remportera 10 oscars en 1962.

Léonard Bernstein, chef d’orchestre, pianiste, compositeur, écrivain, pédagogue et fervent défenseur des droits de l’homme, dirigera pendant onze ans l’Orchestre Philharmonique de New York mais ne conduira qu’une fois cette version des Danses Symphoniques, 27 ans après la première triomphale de Broadway.

Héritier de Gerschwin et ami d’Aaron Copland, sa musique est un mélange de noirceur et de nonchalance, pleine de lyrisme théâtral et dramatique, avec un grand sens du swing.  Ces danses nécessitent un orchestre très important avec un gros matériel de percussion, mettant en valeur la musique cubaine : célèbre mambo énergique aux rythmes déchaînés, cha-cha décoiffant, mais aussi émouvant «somewhere».


 

> texte de Christine Antoine

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